Article précédent
Article suivant

« Ce n’était pas une petite mort … »

19 août 2016

Il y a quelque temps, nous avons diffusé la première partie de notre entretien avec Nicolas Savinaud. Voici la seconde partie de notre rencontre avec cet ancien footballeur qui a parfaitement négocié sa reconversion professionnelle.

Quel(s) investissement(s) immobilier avez-vous réalisé ?

J’ai fait à la fois du LMNP et du particulier. Le cas du LMNP, c’est celui dont je te parlais tout à l’heure. Je n’ai pas fait d’erreur par rapport au produit. Mais par rapport au montage et à la façon dont ça s’est passé. Aujourd’hui je suis content de mon placement, mais il y a eu une période de doutes …

Comment avez-vous vécu votre passage de la carrière de joueur, à l’après ?

Ce n’était pas une « petite mort » comme on a l’habitude de dire. C’est venu naturellement en fait. Lors de ma dernière année, qui a été compliqué, je n’y étais plus trop. À la fois physiquement et mentalement. C’est surtout la répétition des efforts qui était de plus en plus difficile. Et aussi un niveau que l’on ne retrouve pas, donc d’un point de vue psychologique, c’est dur à accepter. Je sentais qu’il fallait que j’arrête. J’ai choisi une solution intermédiaire. Je continuais de m’entrainer à Carquefou (en National à l’époque), pour m’entretenir et continuer à côtoyer un vestiaire. Je l’avais dit au coach : « Compte sur moi pour encadrer les jeunes et leur donner des conseils lors des séances. Mais pas le dimanche… ».

Pourquoi s’installer à Cholet ?

C’est grâce à Charles Devineau, qui était alors l’entraineur du SO Cholet. J’étais observateur pour lui, par rapport à ses futurs adversaires. Il m’a présenté à Regis Vincenneau, l’ancien président du club. Ce dernier est ensuite devenu mon associé sur le projet de reprise de cet ancien batiment. L’étude de marché nous aussi convaincu, car nous n’avons pas de complexe équivalent dans une aire urbaine de 60 000 personnes et une zone de chalandise qui en compte 250 000.

Pensez-vous qu’une sensibilisation par rapport aux thématiques patrimoniales, dans les centres de formations, serait une bonne chose ? 

Oui, c’est intéressant. Ce n’est jamais trop tôt, car on gagne déjà de l’argent dans les centres. Donc il est important d’aborder ce sujet assez vite pour que les jeunes ne prennent pas de mauvaises habitudes. Après, je ne sais pas si l’écoute sera vraiment bonne. Car entre 15 et 18 ans, on ne sait pas si on passe pro, donc il y a une inquiétude importante par rapport à l’échec. À mon avis, à partir de 17 ans, on peut réellement sensibiliser les jeunes sur ces thématiques. L’entourage a aussi un rôle énorme à jouer. Qu’il soit familial, amical et/ou professionnel…

Avez-vous un conseil à donner aux plus jeunes ?

Prendre son temps, et ne pas faire n’importe quoi avec son argent. Il faut se dire que si on est bon, on aura de l’argent. Je n’ai pas fait de foot en professionnel pour gagner de l’argent. J’ai fait du foot pro parce que je voulais jouer des grands matchs et que j’étais passionné par ce jeu, car ça reste un jeu ! Il faut vraiment que le premier moteur soit le plaisir, l’argent viendra après. Il faut penser à long terme, une carrière ça passe très vite. Il faut éviter de gaspiller dans des achats impusifs, mais mettre de l’argent de coté, en pensant que l’on va payer des impôts en fin d’année. On peut très bien se faire plaisir avec ce qui nous reste. Il faut aussi dire aux jeunes qu’avec des bons placements et des dépenses raisonnées, on a un luxe en fin de carrière. Le luxe de pouvoir choisir ce que l’on veut faire de sa vie. Aujourd’hui, je me lève chaque matin et je n’ai pas l’impression d’aller au travail, car je suis partie prenante d’un projet qui me tient énormément à cœur !